Il y a 5 ans mon petit Tom…

22H30, lundi 25 juillet 2016.

A cette heure-là il y a 5 ans je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. J’étais à l’hôpital, à son chevet, nos familles respectives étaient là. On me disait de boire et manger, je ne comprenais pas pourquoi, puis on m’a parlé de rentrer, de dormir, de ne pas rester vers lui.

Je ne pouvais pas abandonner mon bébé comme ça, qui allait veiller sur lui, il allait se sentir si seul. Il allait rester dans cette pièce si froide, avec tout ce bruit assourdissant autour, le monde allait gravir autour de lui sans même que personne ne se rende compte qu’il était là.

Je ne voulais pas laisser mon fils, mais il fallait, ils devaient l’emmener car il prenait la place d’un autre enfant.

Et c’est la boule au ventre que je suis partie, je lui ai fais un câlin, quelques bisous et lui ai dis ô combien je l’aimais, que je pensais à lui, que j’allais juste me reposer et que je reviendrais demain.

Il était si beau, si calme, son visage était tellement détendu…

A première vue on aurait dit qu’il dormait, mais en s’approchant on voyait que sa peau n’avait plus de couleur, que son petit corps n’avait plus un souffle et que sa petite peau était d’un froid glacial.

23h30, c’est la première fois où j’ai dû l’abandonner alors qu’il n’était plus là. Je n’étais plus rien ni personne, j’étais un corps sans vie, comme lui, sauf que ma peau à moi était encore chaude et que mes poumons se remplissaient d’air bien que je les suppliais de se stopper pour le rejoindre.

Quelques jours plus tard je ne le revis plus, pour toujours, j’ai dû l’abandonner une dernière fois dans son dernier sommeil, dans ce petit coffre qui lui servira de lit pour l’éternité, j’ai dû dire adieu à mon fils, un vrai adieu entre deux personnes qui ne se reverront plus, sauf que l’autre personne en question était mon avenir, c’est à lui qu’appartenaient tous mes projets, mes désirs et ma vie future.

MALTRAITANCE NOUNOUob_5a3404_301630-10150771930320061-2753900-ngdtg

Il y a 5 ans je ne savais pas qu’en partant il ferait de moi la personne que je suis aujourd’hui.

Je profite autant de la vie qu’elle me fait peur. Pour moi chaque jour peut être le dernier, je ne m’embarrasse plus des futilités, aussi bien humaines que matérielles. Je sais que demain tout peut s’arrêter, du coup j’ai envie de vivre à 200 à l’heure pour avoir l’impression que je n’ai rien oublié…

5 ans plus tard je garde des séquelles de son départ, je ne serais plus jamais la même. Au fond de moi il manque quelque chose, en fait, pas si au fond que ça, je le cache mais c’est juste là, IL est juste là. Dans chaque papillon qui s’envole, dans chaque rire de ses frères, dans chaque pleur aussi… Je n’ai pas vraiment avancé dans mon deuil, j’ai plutôt essayé de l’enterrer, tout comme mon fils, je l’ai enterré sous les Twins, sous la séparation et sous toutes ses petites choses qui me forcent à avancer. Mais le jour où je me retrouve seule, ça remonte, et je replonge…

5 ans plus tard, je ne savais pas qu’il ne se passerait pas une seule seconde sans que je n’imagine perdre encore un enfant. Sans que je culpabilise d’être cette mère fatiguée qui a un peu trop crié ce jour là, parce que je me dis qu’il est possible que je retrouve mon fils sans vie au petit matin…

5 ans plus tard, j’ai beau tout faire, j’ai beau me forcer et avoir l’apparence de quelqu’un d’heureux, j’ai peur de la vie et n’ai plus du tout confiance en elle…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Cette maman là…

Je croise souvent cette maman à l’école, une semaine sur deux, je la vois à 100 à l’heure, toujours en avance devant la porte de la classe refusant de faire attendre ses chères têtes blondes, culpabilisant sans doute de les laisser une journée complète si jeunes. Parfois, je la croise aussi le matin à 8h, quelques fois, le vendredi, je vois que ces yeux sont plus tristes que les autres jours, à ces moment-là, elle quémande un bisou supplémentaire à ses enfants déjà partis jouer, insouciants.

Au début, elle venait à l’école la tête haute et sourire aux lèvres pensant se faire des amis, ou bien simplement rencontrer des gens qui auraient des enfants de l’âge des siens, elle se disait que ça pouvait être sympa.

Puis petit à petit, elle s’est rendu compte que certains ne lui répondaient jamais, pire encore, la regardait de haut, alors elle s’est un peu renfermée et finalement, gardait son grand sourire pour ses enfants.

Renfermée, car aujourd’hui, à la fin de l’année scolaire elle sait que ça a été compliqué pour ses enfants.  En première année d’école maternelle, elle a déjà été convoquée trois fois par la maitresse pour l’informer du comportement violent et inadmissible de ses marmots de 3 ans.

Cette dernière lui raconte les violences que ces enfants font subir aux autres élèves, ils poussent, ils mordent et ils tapent. Cette maman, elle ne pensait pas que ses enfants ne se feraient pas à la vie en communauté. Elle a alors tout essayé, les médecines bizarres, les médecines homéopathiques et même le pédopsychologue. Ça n’a servis à rien, sauf peut-être à lui alléger son porte-monnaie.

Aujourd’hui je la trouve de plus en plus mal cette maman, elle vient à l’école tête baissée, chuchote un « bonjour » discret, fuit le regard de tous et se sauve vite une fois les mains pleines de celles de sa marmaille. Sans doute se sent elle jugée, critiquée, car après tout, elle aussi elle critiquerait la mauvaise mère qui n’arrive pas à gérer son enfant, surtout si il est violent avec la chair de sa chair. Elle aimerait pouvoir leur dire aux autres parents, qu’elle fait tout, qu’elle a tout essayé, qu’elle est désemparée mais qu’elle essaye encore et encore, et surtout, qu’elle est sincèrement désolée…

Aujourd’hui, les livres d’éducations (de la plus dure à la plus laxiste) n’ont plus de secret pour elle, comme les textes et forums internet sur les enfants à problèmes. Elle n’a toujours pas de solutions, elle fait de son mieux… Elle n’en parle pas beaucoup, car les gens lui répètent inlassablement que ses enfants sont violents car ils ne supportent pas la séparation entre elle et leur papa. Elle leur répond que avant aussi c’était difficile mais ils lui rajoutent que c’est alors lié à la mort de leur frère. Elle en a assez de les entendre lui dire que c’est encore et encore de sa faute, eux, sont contents, ils ont posé leur diagnostic après avoir discuté 5 min, ils sont soulagés et repartent avec une impression de l’avoir aidé.

Cette maman s’épuise, elle use toute l’énergie qui lui reste et a l’impression de pédaler dans le vide.

Aujourd’hui, je la vois arriver honteuse à l’école, elle ouvre le cahier la boule au ventre, page après page, sent la victoire et puis « bam », un texte inconnu, trop long pour être destiné à toute la classe, c’est reparti, ça continu, ça ne va pas mieux, ça empire.

Aujourd’hui elle ne comprend plus ses enfants, elle est totalement perdue et seule, car chez leur papa, parait-il, il n’y a aucun problème.  Elle ne regarde même plus les réseaux sociaux, se rendant malade du bonheur des autres.

sculpteur slovaque Martin Hudáčekastatue

Ce soir je vois cette maman assise, seule à table avec ses deux enfants, pensive, la tête ailleurs, se demandant ce qu’elle a bien pu louper, ou bien, se questionnement sur ce qu’elle avait fait pour encore mériter ça, elle trouvait qu’elle avait déjà bien assez souffert pourtant…

Ce soir, elle se force à manger, espérant que ça lui fera du bien, finalement, elle abandonne son carré de chocolat préféré, car la boule qui lui tiraillait le ventre est montée jusque dans sa gorge.

Ce soir elle a envie de baisser les bras, après tout, le rêve de sa vie était d’avoir des enfants, elle en a eu et les a brisé tous les trois, pas de la même façon, mais tout ce qu’elle a touché, elle l’a mis en miettes… Elle se dit même que le monde tournerait mieux sans elle, elle ne voit plus la lumière au bout du tunnel.

Cette maman, elle a joué toutes ses cartes, ce soir, elle est épuisée et désemparée.

Demain, elle reviendra à l’école tête baissée, les yeux rouges d’avoir pleuré, cherché des solutions toute la nuit, en vain, d’avoir tout mis sur ses épaules encore une fois, se sentant la seule coupable du mal être de ses jumeaux.

Demain, rien n’aura changé, mais c’est une maman de plus en plus ébréchée que je vais croiser…

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Si seulement tu avais 5 ans…

15 janvier, une date qui ne veut plus rien dire aujourd’hui, une date qui n’est plus rien, une date transparente. Transparente parce que ce qui est important pour moi ce jour là n’existe plus. Parce que tout ce qui pouvais me rappeler lui ce jour là n’est plus, parce que tout à changé depuis.

 

Ce jour là, je vais le vivre comme les autres, au bureau, personne ne se rendra compte de rien, je vais peut être recevoir quelques messages de plus que d’ordinaire, ils vont peut être rendre mes yeux humides, faire couler quelques minuscules larmes que je vais m’empresser de camouffler pretextant un baillement, mais on ne verra rien.

Personne ne saura qu’il y a 5 ans tout juste j’étais à la maternité en train d’admirer mon fils. Personne ne saura que 6 mois et demi plus tard je serais en train de le supplier de revenir car il est parti sans me dire au revoir.

5 ans, le temps qu’il faut pour changer radicalement de vie et que tout « ça », tout « lui » devienne du passé. 5 ans et des nouvelles connaissances, de nouveaux amis, des nouveaux collègues qui ne le connaitrons jamais. 5 ans, pour que les gens pensent que je suis « passée à autre chose ».

Je n’ai rien oublié, il est là, tous les jours, toutes les heures, il fait parti de moi. Il est là quand tout va bien et il est là quand tout va mal, comme pour rajouter un coup de pelle et m’enfouir plus bas que terre.

Hier ça allait, enfin presque, c’est lorsque je me dis que cette année ça va, que je me rend compte qu’en fait non, ça ne va pas. Je n’ai rien oublié, je me refais le film malgré moi de sa naissance et surtout celui de sa mort. Et je me rend compte qu’il me manque comme au premier jour, c’est juste que les autres jours, j’arrive à vivre avec, mais pas aujourd’hui, pas ce jour qui devrait être une fête.

Alors oui, je vais faire comme si tout allait bien, comme si c’était un jour comme les autres, personne ne se rendra compte de rien, sauf que mon coeur sera gorgé de larmes prêtes à jaillir à la moindre petite minute qui me rappellera qu’il me manque…

 

18.01 (23)

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Tom, je me souviens tellement bien de toi

ob_5a3404_301630-10150771930320061-2753900-ngdtg

Je m’en souviens comme si c’était hier.

Ta naissance, minute par minute, tes longs cheveux blonds, la découverte de ton visage, la première fois où je t’ai habillé, où je t’ai allaité, ton premier bain…  Cette petite chose toute douce qui était à moi, j’ai découvert ce que c’était d’aimer avec toi.

Je me souviens de chaque seconde passée avec toi. Je me souviens de cette infinie douceur quand je touchais ta peau, de la texture si soyeuse de tes cheveux, rien que de l’écrire j’ai l’impression de les sentir sous mes doigts. Je me souviens de cette chaleur quand je te serrais tout contre moi, de ces moments où le temps s’arrêtait parce que le monde ne tournais plus que pour toi.

(suite…)

Rendez-vous sur Hellocoton !

« tu verras à 3 ans ça ira mieux »


jumeaux trop beau craquant

Enfin on y est,

Cette phrase que 50 personnes ont du me répeter en 36 mois, cette phrase que mon médecin traitant m’a dit avant même que j’ai eu le temps de lui dire « bonjour » lors de la visite du premier mois des Twins. Cette phrase, j’y croyais, il me tardait plus que tout d’en avoir le coeur net, de la dire moi aussi à d’autres parents.

Les mois défilaient lentement (oui, désolé de l’avouer, mais chez moi ces dernières années ont étées les plus longues de toute ma vie) et je me disais que peut être c’était vrai, de mois en mois ça allait mieux et enfin j’allais un jour voir le bout du tunnel…

« Tu verras
, à 3 ans ça ira mieux »

(suite…)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Pour vos petits marins!

Je suis une grande grande fan des marinières! Aussi bien pour les hommes, les femmes, les enfants j’adore!!!

J’ai découvert la marque Terre de marins sur le net et j’ai tout de suite flashé sur les marinières bien sur mais pas que! Ils font aussi de supers vêtements sur le thème marin mais de pleins de couleurs!

(suite…)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Toluki, le meilleur ami de nos enfants!

Si à 2 ans vos enfants connaissent déjà par coeur les épisodes de Pierre Lapin, Peppa pig, la maison de Mickey, si ils se mettent à chanter « liberée délivrée » en même temps qu’Elsa et qu’ils connaissent spiderman avant même de réussir à le dire (chez nous c’est Pizderman) c’est que sans doute vous êtes un aussi mauvais parent que moi d’avoir collé vos chères têtes blondes devant zouzou pour boire le café tranquille!

(suite…)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Petit à petit tu t’éloigne…

Tom, tu étais une des raisons qui m’a beaucoup fait réfléchir avant de quitter ton papa.

Les souvenirs de toi s’estompent petit à petit avec le temps, les photos de toi semblent de plus en plus irréelles, comme si tu avais existé dans une autre vie. Il ne me reste plus que la douceur de ta peau sous les doigts et ton odeur aux creux de mes narines…

(suite…)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ce que je voudrais que vous compreniez

Désormais vous avez 2 maisons, vous l’avez bien compris. Quelques fois vous pleurez car vous voulez aller à la « maison de maman » ou celle de papa alors que c’est le contraire.

(suite…)

Rendez-vous sur Hellocoton !

La solitude : le revers de la médaille…

Voilà maintenant 5 semaines que je vis seule avec les enfants.

En 5 semaines il s’est passé un millions de choses, j’ai meublé mon appartement, j’ai monté 5 meubles plus horribles les uns que les autres, j’ai fais une vingtaine de papiers, j’ai eu un peu plus de 5 rdv à droite à gauche, des milliards de bricoles à faire, et surtout j’ai repris le travail… Le tout avec et sans les enfants. A vrai dire, c’est à peine si j’avais le temps de dormir…

(suite…)

Rendez-vous sur Hellocoton !

1 2 3 29